Le purin d’ortie est gratuit, naturel, et pourtant la majorité des jardiniers l’utilisent mal – soit trop concentré, soit trop dilué, soit au mauvais moment.
Résultat : des feuilles brûlées, des pucerons attirés plutôt que repoussés, ou simplement une préparation inefficace. Le dosage du purin d’ortie en pulvérisation n’est pas compliqué, mais il demande quelques chiffres précis que voici.
Comment fabriquer le purin d’ortie avant de le pulvériser?
La recette de base est simple : 1 kg de feuilles fraîches d’orties pour 10 litres d’eau de pluie. L’eau du robinet, trop calcaire et chlorée, freine la fermentation – préférez l’eau de pluie ou l’eau de source.
Si votre objectif est un usage répulsif plutôt qu’un engrais, doublez la quantité d’eau : 1 kg d’orties pour 20 litres.
Le choix du récipient est décisif. Évitez absolument le métal : la fermentation acide corrode le métal et génère des oxydes indésirables dans votre préparation. Optez pour un seau ou une poubelle en plastique alimentaire, avec un couvercle posé en biais pour laisser les gaz s’échapper.
La durée de fermentation dépend directement de la température ambiante :
| Température | Durée de fermentation |
|---|---|
| 5 °C | 21 jours |
| 20 °C (optimum) | 14 jours |
| 30 °C | 5 à 6 jours |
Pour savoir si le purin est prêt, observez la surface : plus aucune petite bulle ne remonte, la couleur est sombre, l’odeur est franche et soutenue. Filtrez ensuite le liquide avec un torchon ou une passoire fine avant tout usage en pulvérisateur, pour ne pas boucher la buse.
Quel est le bon dosage du purin d’ortie en pulvérisation foliaire?

Pour un purin d’ortie en spray sur les feuilles, la fourchette de sécurité se situe entre 5 % et 10 % de concentration. Concrètement, cela signifie 0,5 litre de purin pur pour 9,5 litres d’eau (dilution à 5 %), ou 1 litre de purin pour 9 litres d’eau (dilution à 10 %).
Ne dépassez pas 10 % en pulvérisation foliaire. Au-delà, les stomates foliaires se saturent, les feuilles peuvent jaunir ou présenter des brûlures. Plus concentré ne signifie pas plus efficace – c’est une erreur courante que l’on paie sur les plantes.
Remuez bien le mélange avant chaque utilisation et filtrez-le soigneusement. Un purin mal filtré bouche le pulvérisateur en plein travail, et vous perdez plus de temps à déboucher la buse qu’à jardiner.
Comment préparer le purin d’ortie pour 1 litre d’eau?
Pour travailler à petite échelle – un pot, une jardinière, quelques plants – voici les dosages directs pour 1 litre d’eau selon votre usage :
- Engrais foliaire : 100 ml de purin pour 1 litre d’eau (dilution à 10 %)
- Répulsif préventif : 50 ml de purin pour 1 litre d’eau (dilution à 5 %)
- Stimulant léger : 50 ml de purin pour 1 litre d’eau (dilution à 5 %)
Le calcul est simple à mémoriser : 100 ml par litre pour l’engrais, 50 ml par litre pour le répulsif. Si vous préparez 5 litres de solution, multipliez simplement ces chiffres par 5. Pas besoin de balance ni de matériel spécifique – un verre doseur suffit.
Quel dosage de purin d’ortie utiliser contre les pucerons?

Pour le dosage du purin d’ortie contre les pucerons, restez dans la fourchette 5 à 10 % – soit 50 à 100 ml de purin pour 1 litre d’eau. Effectuez 2 à 3 pulvérisations espacées de 3 jours, en insistant bien sur le dessous des feuilles, là où les colonies de pucerons se concentrent.
Voici ce que peu de guides précisent : à 20 % de concentration, le purin d’ortie attire les pucerons au lieu de les repousser. Les sucs fermentés à forte dose agissent comme un appât. C’est l’effet inverse exact de ce que vous recherchez.
Autre point crucial : le purin d’ortie n’est efficace contre les pucerons qu’en préventif. Si l’attaque est déjà installée, un extrait fermenté peut aggraver la situation. Dans ce cas, tournez-vous vers d’autres solutions comme le savon noir dilué, ou combinez les deux approches.
Pour protéger vos rosiers des premières infestations, les remèdes naturels appliqués tôt dans la saison font souvent la différence entre une plante saine et une plante envahie dès juin.
Quel dosage de purin d’ortie pour l’arrosage au sol?
L’arrosage au pied des plantes tolère une concentration plus élevée qu’une pulvérisation foliaire. Le dosage du purin d’ortie pour l’arrosage se situe entre 10 % et 15 %, soit entre 1 litre de purin pour 9 litres d’eau et 1,5 litre pour 8,5 litres d’eau.
Une règle de volume à ne pas dépasser : 1 litre de solution diluée par m². Au-delà, vous surchargez le sol en azote, ce qui peut déséquilibrer la flore microbienne et acidifier le substrat sur le long terme.
En termes de fréquence, arrosez au pied une fois par semaine ou tous les 15 jours selon la vigueur des plantes et la saison. En période de forte croissance au printemps, une fois par semaine est approprié. En été ou en période de stress hydrique, espacez les applications.
Comment utiliser le purin d’ortie comme engrais en pulvérisation?

Utilisé comme dosage purin d’ortie engrais en spray, la dilution à 10 % reste la référence. Ce qui change entre l’usage engrais et l’usage répulsif, ce n’est pas tant la concentration que la fréquence et le moment d’application dans le cycle végétatif.
Pour stimuler la croissance, appliquez en pulvérisation foliaire toutes les deux semaines en période de pousse active – principalement d’avril à juin. La plante absorbe directement les nutriments via ses stomates, ce qui donne un effet plus rapide qu’un apport au sol.
En usage répulsif, la dilution à 5 % est suffisante et la fréquence peut être hebdomadaire. Ne confondez pas les deux usages : un traitement engrais trop fréquent surstimule la plante et l’affaiblit à terme, comme un sportif qui absorberait trop de protéines sans récupérer.
Si vous cherchez à compléter vos apports organiques liquides, l’amendement organique à base d’urine fermentée suit une logique similaire de concentration azotée et peut s’utiliser en alternance avec le purin d’ortie.
Comment utiliser le purin d’ortie sur les tomates?
Les tomates sont des plantes particulièrement gourmandes – elles apprécient les apports azotés réguliers du purin d’ortie, mais elles sont aussi sensibles aux excès. Pour le dosage du purin d’ortie sur les tomates, restez à 10 % en pulvérisation foliaire et à 10-15 % pour l’arrosage au pied.
Concernant le moment d’application dans le cycle : attendez que les plants soient bien établis avant toute pulvérisation.
Évitez les 15 à 20 jours qui suivent le repiquage – les racines fraîchement installées n’ont pas encore la capacité d’assimiler efficacement les nutriments, et un apport trop précoce peut stresser la plante.
Une fois les plants en pleine croissance végétative, appliquez en pulvérisation foliaire toutes les deux semaines jusqu’à la floraison. Réduisez ou stoppez les apports azotés foliaires dès l’apparition des premières fleurs : un excès d’azote à ce stade favorise le feuillage au détriment des fruits.
Pour les maladies fongiques qui touchent fréquemment les tomates – mildiou en tête – le purin d’ortie seul ne suffit pas. La bouillie bordelaise dosée précisément pour vos tomates reste l’outil complémentaire incontournable.
À quel moment de la journée pulvériser le purin d’ortie?

Le timing d’application change tout. Pulvérisez le matin tôt ou en fin de journée, quand les températures sont fraîches et le soleil bas. Les stomates sont ouverts le matin, ce qui améliore l’absorption foliaire – c’est le moment idéal pour un traitement engrais.
Ne pulvérisez jamais en plein soleil et surtout pas en milieu de journée. La solution se concentre par évaporation sur les feuilles chaudes, les gouttelettes font effet loupe, et vous obtenez des brûlures foliaires en quelques minutes.
Ce n’est pas une précaution théorique : les dégâts sont visibles dès le lendemain. Sur la saisonnalité, le printemps et le début de l’été constituent la période la plus pertinente pour les pulvérisations régulières.
En été, par forte chaleur, espacez les traitements et privilégiez systématiquement les heures fraîches du matin. En automne, l’activité végétale ralentit et les apports foliaires perdent de leur efficacité.
Un purin bien dosé, appliqué au bon moment, sur une plante en bonne santé – c’est là que l’ortie révèle vraiment ce qu’elle vaut. Pas dans un arrosoir mal dilué, balancé en plein après-midi de juillet.