L’aluminium a tout du matériau parfait sur le papier : léger, solide, sans entretien. Pourtant, 35 % seulement des volets battants neufs vendus en France sont en alu, loin derrière le PVC qui domine à 45 %.
Ce chiffre ne doit rien au hasard. Il y a des raisons concrètes pour lesquelles des propriétaires bien informés choisissent autre chose.
Quels sont les vrais inconvénients du volet battant en aluminium?
Le défaut le plus documenté, et le moins souvent mentionné en magasin, concerne la conductivité thermique de l’aluminium : 160 W/m·K. À titre de comparaison, le bois affiche 0,13 W/m·K. Concrètement, l’alu transmet le froid et la chaleur beaucoup plus vite que les autres matériaux.
Un volet sans rupture de pont thermique plafonne à 0,05 m²K/W de résistance thermique, contre 0,22 m²K/W pour un volet PVC avec mousse isolante.
Sur les façades exposées au soleil, et surtout avec des teintes foncées, la surface du volet peut grimper à 60 à 70°C en plein été. Cette chaleur se diffuse vers le mur et la fenêtre, ce qui n’est pas anodin sur une maison sans isolation performante.
La dilatation thermique pose aussi des problèmes pratiques. Un volet de 120 cm de haut peut varier de plusieurs millimètres entre l’hiver et l’été.
Résultat : des jeux qui apparaissent sur les ferrures, des frottements sur le mur ou le tableau, parfois des déformations légères sur les vantaux mal fixés.
Autre point souvent négligé : l’alu se raye facilement, et contrairement au PVC teinté dans la masse, la couleur n’est qu’en surface.
Une griffure laisse apparaître le métal brut dessous. Une retouche maison s’avère rarement invisible ; il faut souvent appeler un carrossier ou attendre la reprise sous garantie.
Enfin, le prix. Le volet battant aluminium coûte 20 à 40 % de plus que son équivalent PVC, à dimensions comparables.
Ce surcoût ne se justifie pleinement que dans des conditions climatiques difficiles ou pour des façades exposées aux chocs et intempéries répétées.
Volet battant aluminium ou PVC : lequel choisir selon vos priorités?

Le PVC revient 30 à 50 % moins cher que l’aluminium à qualité équivalente. Sur une maison équipée de six volets, l’écart peut dépasser 1 000 € rien que sur le matériau. C’est un argument difficile à ignorer pour un premier achat ou une rénovation partielle.
Sur l’isolation, le PVC avec mousse intégrée (0,22 m²K/W) fait mieux que l’alu sans rupture de pont thermique (0,05 m²K/W). L’alu avec rupture intégrée remonte à 0,15 m²K/W, ce qui le place entre les deux, mais à un tarif nettement plus élevé.
| Critère | Aluminium | PVC |
|---|---|---|
| Résistance thermique (sans RPT) | 0,05 m²K/W | 0,22 m²K/W (avec mousse) |
| Durée de vie estimée | 30 à 40 ans | 15 à 20 ans |
| Prix moyen sans pose | 150 à 300 € | 80 à 200 € |
| Entretien | Minimal | Très faible |
| Résistance aux rayures | Moyenne (laque en surface) | Bonne (teinte dans la masse) |
Si vous habitez une zone littorale exposée aux embruns, l’alu anodisé ou laqué tient mieux dans le temps que le PVC qui peut jaunir et se fragiliser sous les UV.
Dans un climat tempéré sans contrainte particulière, le PVC offre un rapport qualité-prix difficile à battre.
Quel est le prix moyen d’un volet battant en aluminium?
Sans pose, comptez entre 150 et 300 € par vantail pour un modèle standard. Avec la pose d’un menuisier, la fourchette monte à 300 à 900 €, pour un coût moyen constaté autour de 510 € tout compris.
Un modèle avec rupture de pont thermique intégrée se situe plutôt entre 300 et 700 € par vantail, hors pose.
Chez Leroy Merlin, les prix d’entrée démarrent autour de 150 € pour un volet basique sans isolation. Ces modèles économiques correspondent rarement aux profils exposés au soleil ou aux régions à fort écart thermique saisonnier.
Si vous optez pour la motorisation – Somfy, Nice ou Bubendorff sont les marques les plus diffusées -, ajoutez 200 à 500 € par vantail selon la technologie choisie. Sur une façade de quatre volets motorisés en alu isolé, la facture totale peut facilement dépasser 4 000 €.
Durée de vie et garanties : l’aluminium tient-il vraiment ses promesses?

La durée de vie théorique d’un volet battant en aluminium est de 30 à 40 ans, contre 15 à 20 ans pour le PVC et 20 à 30 ans pour le bois entretenu. Sur ce critère, l’alu gagne clairement. Mais ce chiffre cache des écarts importants selon la qualité de pose et le climat.
Les fabricants proposent des garanties allant de 10 à 25 ans, couvrant principalement les défauts de fabrication et la tenue du laquage.
Certains volets font 40 ans sans problème notable. D’autres déçoivent dès 15 ans : laque cloquée, ferrures grippées, vantaux qui ne ferment plus correctement après plusieurs cycles de dilatation.
La qualité de la pose initiale pèse lourd. Un volet mal réglé en usine ou posé avec des jeux insuffisants compensera mal la dilatation. En bord de mer, même l’alu anodisé peut voir son laquage se détériorer avant terme si la qualité du traitement de surface est insuffisante.
Avis et retours d’expérience sur les volets battants en aluminium
Selon une enquête de l’Union des fabricants de menuiseries, plus de 70 % des propriétaires ayant choisi l’alu citent la durabilité comme motivation première.
Ce chiffre est réel – mais il masque les insatisfactions qui remontent régulièrement sur les forums de bricolage et les plateformes d’avis.
Les réclamations les plus fréquentes portent sur trois points : des rayures visibles après seulement quelques années, des problèmes de dilatation qui font frotter les vantaux contre les tableaux de fenêtre, et un coût de pose plus élevé que prévu quand le menuisier doit reprendre des réglages mal faits dès l’origine.
Les profils les plus satisfaits sont ceux qui ont opté pour des modèles haut de gamme avec rupture de pont thermique, posés par un professionnel qualifié, sur des façades exposées au vent ou aux intempéries. L’alu justifie sa prime de prix dans ces configurations.
Ceux qui regrettent leur choix ont souvent arbitré uniquement sur la durée de vie annoncée, sans tenir compte du contexte climatique ni de la qualité du modèle.
Un volet alu d’entrée de gamme posé en zone humide sans finition adaptée vieillit moins bien qu’un PVC de milieu de gamme posé correctement. Le matériau ne fait pas tout : la qualité du modèle et la rigueur de la pose pèsent autant que le métal lui-même.