Séduisant sur le papier, discret au quotidien, redoutablement efficace au jardin. Le pittosporum kohuhu est de ces arbustes qu’on remarque sans savoir exactement pourquoi – jusqu’au moment où on comprend que c’est lui qui structure tout le massif.
Ses tiges presque noires tranchent avec un feuillage vert brillant d’une élégance assez rare, et sa floraison printanière, discrète mais parfumée comme du miel, est une petite surprise que beaucoup n’attendent pas.
Derrière cette esthétique, c’est surtout sa robustesse et sa polyvalence qui font sa réputation dans les jardins français. Haie, isolé, bac sur terrasse – il s’adapte à presque tout, avec peu d’entretien. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de le planter.
Pittosporum tenuifolium : fiche technique en un coup d’œil
Le pittosporum kohuhu porte le nom scientifique Pittosporum tenuifolium et appartient à la famille des Pittosporacées. C’est une plante endémique de Nouvelle-Zélande, où les Maoris l’appellent « kohuhu » ou « matipo noir ».
Dans la tradition maorie, sa gomme aromatique extraite de l’écorce était récoltée pour la parfumerie, et l’arbuste entrait dans des préparations médicinales ancestrales.
Son nom botanique latin signifie littéralement « graine poisseuse » – les graines noires sont enrobées d’une substance collante qui facilite leur dispersion par les oiseaux.
Voici ses caractéristiques principales :
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Famille | Pittosporacées |
| Origine | Nouvelle-Zélande |
| Feuillage | Persistant, vert brillant, feuilles ondulées de 3 à 7 cm |
| Tiges | Brun foncé à noires, très décoratives |
| Floraison | Avril-mai, petites fleurs pourpres parfumées (1 cm) |
| Hauteur en jardin | 2 à 6 mètres selon variété et conditions |
| Croissance | 30 à 50 cm par an |
| Rusticité | -7°C à -10°C selon variétés |
| Sol | Drainant, léger, pH neutre à légèrement acide |
Son port est naturellement colonnaire dans la jeunesse, puis il s’arrondit en dôme avec l’âge. En Nouvelle-Zélande, il peut atteindre dix mètres dans la nature – dans nos jardins, il se contente de deux à six mètres, ce qui reste très raisonnable.
Est-ce que le pittosporum pousse vite ?

Ni lent ni fougueux : c’est l’honnête réponse. Avec 30 à 50 cm de croissance annuelle dans de bonnes conditions, il pousse plus vite qu’un buis et plus sagement qu’un laurier palme qui déborde en trois saisons.
Pour une haie, c’est exactement le rythme qu’on cherche – assez dynamique pour voir évoluer le jardin, assez contrôlé pour ne pas passer ses week-ends à tailler.
L’exposition joue un rôle important. Un emplacement trop ombragé ralentit la croissance et réduit l’intensité du feuillage.
En plein soleil ou en mi-ombre lumineuse, la plante donne vraiment le meilleur d’elle-même. La qualité du sol compte aussi : dans un terrain trop compact ou trop riche en azote, la croissance peut devenir molle et peu structurée.
Pour une haie, comptez une plantation tous les 80 cm à 1 mètre selon la densité souhaitée. En deux à trois ans, l’effet brise-vue est déjà bien là.
Est-ce que le pittosporum craint le gel ?

Pas vraiment, mais avec quelques nuances importantes. La plupart des variétés résistent à des températures entre –7°C et -10°C – ce qui couvre une large partie du territoire français, sauf les zones de montagne ou de grand froid continental.
Ce que peu de gens savent : c’est le vent froid et sec d’hiver qui est souvent plus destructeur que le gel lui-même. Un pittosporum bien abrité d’un mur exposé au sud supporte des températures qu’il ne tolérerait pas en plein vent.
De même, un sol gorgé d’eau en hiver fragilise les racines bien davantage que le froid sec – d’où l’importance absolue d’un bon drainage à la plantation.
Si votre région connaît des hivers rigoureux, quelques précautions s’imposent pour un sujet en pleine terre : un paillage épais au pied protège les racines, et un voile d’hivernage sur plusieurs épaisseurs protège le feuillage lors des coups de gel sévères.
Pour un pittosporum en pot, le mieux est de le déplacer dans un local lumineux et non chauffé – une véranda ou un abri de jardin avec fenêtre fait très bien l’affaire. Si ce n’est pas possible, isolez le pot avec du papier bulle ou du polystyrène et couvrez le feuillage.
Quelle est la durée de vie d’un pittosporum ?
Les arbustes comme le pittosporum ne sont pas des plantes à durée de vie programmée – et c’est une bonne nouvelle. Un pittosporum kohuhu bien planté dans un sol adapté peut structurer un jardin pendant plusieurs dizaines d’années sans demander grand chose en retour.
Sa résistance naturelle aux maladies, aux insectes et aux champignons y contribue largement. C’est l’un des arbustes les plus solides du commerce horticole sur ce point.
Le seul risque sérieux reste la pourriture racinaire dans un sol trop compact et mal drainé – mais si vous avez bien préparé votre terre à la plantation, ce scénario est facilement évitable.
La taille de rajeunissement est possible même sévère si la plante vieillit mal ou se dégarnit à la base – elle reprend bien, ce qui lui offre une seconde vie sans avoir à tout replanter.
Où planter un pittosporum ?

En plein soleil ou mi-ombre – voilà ses deux expositions de prédilection. Un coin trop sombre toute l’année le fera végéter et rendra le feuillage clairsemé. Il lui faut aussi un sol léger et bien drainé : évitez les zones où l’eau stagne en hiver, même temporairement.
C’est en zone littorale qu’il se sent vraiment chez lui. Son feuillage coriace résiste aux embruns salins et aux vents forts – une qualité rare que même des arbustes méditerranéens n’ont pas toujours. Dans un jardin de bord de mer, il excelle aussi bien comme haie brise-vent que comme sujet isolé structurant.
Pour les associations, les résultats les plus réussis se font avec :
- Les lavandes, dont le feuillage argenté et la floraison bleue contrastent magnifiquement avec le vert brillant du kohuhu
- Les graminées comme les stipas ou les pennisetums, qui ondulent au vent et allègent la composition
- Les hortensias en climat océanique, dont les grandes boules fleuries tranchent avec le feuillage fin
- Les sauges arbustives et les agapanthes bleues pour un effet sophistiqué en massif mixte
En haie, il offre une alternative sérieuse aux lauriers et thuyas omniprésents. Sa texture fine et son feuillage persistant créent un écran visuel dense tout en conservant une vraie légèreté visuelle – ce que le thuya, franchement, ne fait pas.
Comment cultiver le pittosporum en bac ?
Bonne nouvelle pour les balcons et terrasses : le pittosporum se prête très bien à la culture en conteneur, à condition de bien choisir la variété et le pot.
Optez pour un bac d’au moins 40 à 50 cm de profondeur, percé, avec un lit de graviers ou de billes d’argile au fond pour garantir un drainage parfait.
Le substrat idéal mélange du terreau de qualité et de la pouzzolane – ce matériau volcanique léger améliore le drainage sans alourdir le pot. Évitez le terreau universel seul, qui a tendance à se tasser et à retenir trop d’eau en hiver.
Pour le choix de la variété en pot, deux grands classiques s’imposent. Le ‘Golf Ball’ forme naturellement une boule compacte d’un mètre environ sans avoir besoin d’être taillé – il remplace d’ailleurs très bien le buis malade dans les jardins à la française, avec une résistance jusqu’à -10°C.
Le ‘Tom Thumb’, avec son feuillage bronze pourpre sur des tiges noires, apporte une touche de couleur chaude et s’installe parfaitement dans un grand contenant.
Pour l’arrosage en bac, maintenez le substrat légèrement humide sans jamais laisser d’eau stagner dans la soucoupe. En été, arrosez dès que la surface du terreau est sèche. En hiver, réduisez nettement la fréquence.
Une fertilisation organique annuelle au printemps – compost mûr ou engrais organique équilibré – suffit à soutenir la croissance sans fragiliser la plante.
Si les températures descendent sous -5°C dans votre région, protégez le pot en l’isolant avec du papier bulle ou du polystyrène autour du contenant, et couvrez le feuillage d’un voile d’hivernage.
Le pittosporum en bac est légèrement plus sensible au froid qu’en pleine terre, car les racines ne bénéficient pas de l’inertie thermique du sol.