Vous tapez « stootie.com » dans votre navigateur en 2025 et vous tombez sur un blog jardin-maison. Rien à voir avec ce que vous cherchez. La plateforme de services à domicile que beaucoup de Français ont utilisée entre 2011 et 2021 n’existe plus – voici ce qu’elle était, pourquoi elle a disparu, et ce qui peut la remplacer aujourd’hui.
Qu’était Stootie et comment fonctionnait cette plateforme d’aide en ligne?
Stootie a été fondée en 2011 par Jean-Jacques Arnal. L’idée était simple : mettre en relation des particuliers avec des prestataires de services à domicile via une application mobile, disponible sur iOS et Android, sans les lourdeurs d’un annuaire classique.
Le fonctionnement concret ressemblait à ceci : vous décrivez votre besoin, et en moins de 10 minutes, vous recevez des propositions de professionnels ou de particuliers.
Vous choisissez selon les avis, vous payez en ligne. Le paiement était sécurisé, et chaque prestation bénéficiait d’une assurance MAIF en responsabilité civile, couvrant jusqu’à 15 millions d’euros.
La couverture géographique ciblait les grandes agglomérations françaises : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Lille, Nice, Montpellier. Plus de 400 types de services étaient référencés, avec 10 000 prestataires inscrits et une communauté qui revendiquait 1,3 million d’utilisateurs à son apogée.
Stootie a fermé ses portes : comprendre la fin de la plateforme

Le 15 décembre 2021, Stootie fermait définitivement. L’histoire de cette fermeture commence bien avant : dès 2018, la plateforme était placée en redressement judiciaire, malgré une levée de fonds de 9,2 millions d’euros en 2016 avec des investisseurs comme la MAIF et BPI France – et des soutiens notables dès 2012 (Xavier Niel, Jean-David Blanc).
Cdiscount a racheté la structure pour 720 000 euros. Trois années sous cette tutelle n’ont pas suffi à redresser la trajectoire financière. Le modèle de la mise en relation à domicile, sous cette forme, ne trouvait pas son équilibre économique.
Aujourd’hui, le domaine stootie.com est devenu Stootie Media, un site éditorial centré sur la maison, le jardin et les travaux. Aucun prestataire, aucune mise en relation. C’est une transformation complète d’identité, ce qui explique la confusion fréquente chez les visiteurs qui cherchent l’ancienne application.
Quels étaient les services et les tarifs proposés sur Stootie?
Les demandes les plus fréquentes sur la plateforme reflétaient les besoins courants du quotidien domestique. Voici la répartition observée :
- Travaux : 20 % des demandes
- Ménage : 16 %
- Déménagement : 13 %
- Bricolage : 10 %
- Plomberie : 7 %
- Électricité : 4 %
Le panier moyen constaté à Marseille était de 115 euros. Sur la commission prélevée par la plateforme, les sources divergent : certaines indiquent 15 % en moyenne sur les transactions, d’autres mentionnent 3 % sur les services effectivement réalisés – les deux chiffres ne couvrent probablement pas le même périmètre ni la même période.
L’assurance MAIF incluse était un argument sérieux : couvrir une prestation de bricolage ou de plomberie jusqu’à 15 millions d’euros en RC, c’était une garantie que peu de plateformes concurrentes offraient à l’époque.
Avis et retours d’expérience des utilisateurs de Stootie?

Sur Trustpilot, Stootie affichait une note de 4 étoiles sur la base de 2 971 avis. C’est un score solide, mais qui mérite d’être contextualisé : une partie de ces avis a été rédigée après la fermeture de la plateforme, ce qui peut fausser la lecture dans les deux sens.
Les retours positifs revenaient régulièrement sur la même chose : la rapidité. Trouver un électricien disponible un samedi en moins de 10 minutes, avec une intervention dans l’heure qui suit – c’est le type d’expérience qui génère de la fidélité. Pour des urgences domestiques, cette réactivité était réelle.
Les critiques, elles, portaient principalement sur l’absence de suivi après la mise en relation. Une fois le prestataire choisi et la prestation payée, la plateforme disparaissait du processus. En cas de litige ou de travail bâclé, les recours n’étaient pas toujours clairs pour les utilisateurs.
Quelles sont les meilleures alternatives à Stootie aujourd’hui?
Si vous cherchez un stootie équivalent pour vos besoins à domicile, plusieurs plateformes ont survécu ou émergé depuis 2021. Elles ne couvrent pas toutes les mêmes services, il vaut donc mieux cibler selon votre besoin précis.
| Plateforme | Type de services | Point fort |
|---|---|---|
| Wecasa | Ménage, jardinage, massage, coiffure | Profils vérifiés, abonnement possible |
| Aladom | Aide à domicile, garde d’enfants, ménage | Spécialisé services à la personne |
| TaskRabbit | Bricolage, montage meuble, déménagement | Modèle proche de l’ex-Stootie application |
| Helpling | Ménage exclusivement | Tarifs fixes, assurance incluse |
| Frizbiz | Travaux, jardinage, déménagement | Large spectre de prestations |
Pour des travaux ou de la plomberie urgente, TaskRabbit reste l’alternative la plus proche du modèle Stootie services à domicile : demande rapide, profils notés, intervention possible dans la journée. Wecasa s’impose pour tout ce qui touche au ménage régulier avec des intervenants déclarés.
Aucune de ces plateformes ne reproduit exactement le catalogue de 400 services que Stootie agrégait. Vous devrez parfois combiner deux outils selon vos besoins.
Stootie Media, le site actuel : un contenu éditorial sans mise en relation

Ce point mérite d’être dit clairement pour éviter toute confusion : le site stootie.com en 2025 est un blog éditorial. Il publie des articles sur l’entretien de la maison, les travaux de jardinage, la décoration – mais il n’y a aucun formulaire de demande de prestataire, aucun profil à contacter, aucune transaction possible.
Stootie Media a repris le nom et le domaine, mais c’est un projet éditorial distinct, sans lien opérationnel avec l’ancienne plateforme de mise en relation. Si vous avez atterri sur ce site en cherchant un plombier ou un déménageur, vous avez simplement suivi un nom qui a changé de vocation.
L’ancienne plateforme, elle, appartient désormais à l’histoire des startups françaises de la servicetech des années 2010 – une époque où beaucoup de modèles de mise en relation ont germé vite, levé des fonds, puis buté sur la rentabilité. Stootie n’est pas un cas isolé.
Comme certaines plantes cultivées sous serre, la croissance forcée par le capital ne remplace pas un enracinement solide.